(paru originalement dans la Gazeta papier de début septembre)

Située à une quinzaine de kilomètres au nord de Clermont-Ferrand, la gare de Riom – Châtel-Guyon est aujourd’hui un point de passage clé pour de nombreux voyageurs du Puy-de-Dôme. Fréquentée à la fois en semaine par des Clermontois en quête de praticité, et le week-end par des habitants de la région ou des touristes de passage, elle attire – mais ne retient pas. Face à cette fréquentation réelle, croissante et stratégique, une question se pose : les aménagements de la gare sont-ils à la hauteur de ses usages ?

Gare de Riom - Châtel-Guyon

Un nom, deux villes… et une gare impersonnelle

Petite anecdote révélatrice : la gare porte le nom complet de Riom – Châtel-Guyon, alors qu’elle est située à Riom, à plus de deux kilomètres du centre de Châtel-Guyon. Pourquoi ce double nom ? Historiquement, c’est une tentative de valoriser la proximité de la station thermale. Mais pour beaucoup d’usagers, ce nom prête à confusion. « Moi, je dis juste « la gare de Riom », parce que je n’ai jamais compris pourquoi Châtel-Guyon était là. Il n’y a rien qui y mène directement depuis la gare », remarque un habitué. Ce détail illustre bien un malaise plus large : la gare semble n’appartenir vraiment à personne, ni à Riom, ni à Châtel-Guyon, ni à ses usagers. Elle est utile, mais elle n’a pas d’âme.

Une gare sans quartier, une attente sans vie

Autour de la gare, rien ne s’organise. Pas de quartier de gare, pas de cafés accessibles, pas d’activités. Même le seul commerce agréable, « Le Petit Bonheur », est trop éloigné pour s’y rendre à pied avec une valise ou entre deux correspondances. Et quand le Clermont-Ferrand – Paris est en retard – ce qui arrive fréquemment –, les voyageurs n’ont d’autre choix que d’attendre dans un hall vide, ou sur le quai, téléphone à la main.

Et si une gare était plus qu’un point de départ ?

Riom est une ville belle et vivante. Elle mérite une gare à sa hauteur, un espace accueillant, lisible, vivant. Pas seulement un quai technique ou un nom maladroitement partagé entre deux communes. Alors posons la question autrement : Une gare ne devrait-elle pas être un lieu de rencontre, un espace de vie, et un symbole d’hospitalité autant que de mobilité ? Riom mérite mieux. Et ses voyageurs aussi.

Chantal